une-famille-ratee "ceci n'est pas une autobiographie"

Name: anthony Guillaume-Crane

Saturday, June 23, 2007

Masochisme

Il y avait longtemps que je n’avais pas saisi l’occasion de régurgiter mes déboires et échecs sentimentaux sur la toile.

Suite à une rupture fulgurante, dûe à une réconciliation éclaire avec Guillaume…

- Comment ?

- Oui, Guillaume.

- Oui, oui, celui qui m’avait quitté,

- Comme une merde, n’exagérons rien… une merde, on évite de l’écraser au moins.

Bref, suite à cette rupture, je me rabats sur le net. A peine connecté sur d’obscurs sites de rencontres, je pénètre dans le champ suivant « nu à la maison », où je croise quasi immédiatement « jackoffwithme », pseudonyme certes pathétique mais pour le moins sans ambiguïté aucune. Maître anthony par l’odeur, alléché, lui tînt à peu près ce langage « c’est Xtrêmement tentant comme pseudo ». Oui je sais, c’est drôle à pleurer, mais soyons lucides, ces sites de rencontres artificielles et superficiel(le)s ne sont pas exactement l’apogée intellectuel de notre civilisation. En d’autres termes, je m’adapte à la situation.

Pourtant quelque chose, peut-être le dégoût du cybersex, ou encore les inévitables invitations perverses et dénuées de toute élégance (types « je vais te mettre ma grosse bite dans ton gros cul », ce à quoi je répondis d’ailleurs avec le raffinement et la condescendance quasi mécanique qui me caractérisent : « je ne peux actuellement donner suite à vos avances perverses, mais laisser toujours votre message, et je vous répondrai, selon le degré de stupidité, d’une façon plus ou moins cinglante. » l’internaucuteur étant non seulement con mais qui plus est illettré, je pus m’en donner à cœur joie…) quelque chose donc me poussa à voir plus loin que le bout de mon gland, et m’incita à entamer un dialogue civilisé avec mon susnommé partenaire.

Grande fut ma surprise, agréable également, je dois le concéder. Il se trouve que le sujet était apte à construire un raisonnement cohérent et qui plus est, ô joie ô bonheur , savait manier avec une aisance déconcertante mes deux langues maternelles.

Mais alors pourquoi me tenir des propos si béotiens et si tristement dénués d’imagination à une heure si avancée de la nuit (ou reculée du matin, c’est selon) ? Malgré l’esthétisme du rythme ternaire hyperbolique, ma question resta sans réponse.

Puis l’évidence me sauta à la gorge, comme elle eût pu me cingler les fesses : ce garçon souffrait du même mal (mâle ?) que moi, et traversait une vague crise de débauche, sans pour autant chercher le contact physique écoeurant à ce stade de la rupture.

Quoiqu’il en soit j’ai rendez-vous avec lui dimanche : alors baisera ? baisera pas ?

Et si on s’aimait pour voir ?

- Guillaume ? je connais pas...

Thursday, April 19, 2007

Virilité

« Déshabille toi… » Ce n’était pas un ordre, à peine une invitation, presque une question : « Veux-tu te déshabiller ? ».

« Je peux voir ton nombril ? » J’acquiesçai, et mon amant bouffa le reste de sentiments qui me rattachait encore à ma mère, qui, au même instant, décéda.

Oh, ce ne fut pas cette agonie fulgurante et salvatrice. Non, elle eut, au contraire, le temps de se convulser au rythme de la langue de mon amant. Et quand en un jet puissant j’évacuai enfin des années de haine et de frustration, et ce jusqu’au dit nombril, l’autre but goulûment comme s’il s’était agi d’un saint Graal qui lui aurait expliqué peut-être l’origine de mes maux.

La dernière goutte alors déglutie… maman est morte.

« Tu m’aimes ? » demandai-je naïvement après que j’eus assassiné maman.

« Juste assez pour te cracher à la gueule » me répondit-il en léchant mon visage.

Il pointa son fier phallus en direction de ma bouche, tiraillé entre le besoin de pisser et l’envie de jouir. Heureux compromis : son foutre liquéfié frappa mes papilles gustatives avec une violence doucement acide. La pression était telle que je m’étouffai, recrachant même par le nez le sperme glaireux de mon amant : ça y était, je suis un homme.



Tuesday, March 27, 2007

Mea culpa, mea minima culpa

Procédons scientifiquement si vous le voulez bien. Soit t l’instant présent, non pas celui de votre lecture, mais celui de l’accouchement pénible, de la création narcissique et autodestructrice, bref l’instant de l’écriture.
J’ai 20 ans. Obsédé par le fait de rajeunir au fil des ans, et aussi de ne pas avoir fondamentalement changé depuis que j’ai soufflé ces putains de 19 bougies, je me suis décidé à fêter mon anniversaire à Rennes, avec tous les alcooliques que je pouvais rencontrer (anonymes ou pas).
Après quelques pintes finement ingurgitées, légèrement désinhibé, je commençai à chantonner (cela dit de vive voix) mon refrain préféré « c’est la grosse bite à duduuuuuuuuuuuleeeuhhhhhhh », quand soudain, un jeune et beau garçon, surgi de nulle part, me demanda s’il pouvait m’embrasser. Ma pudeur éthylique tenta de résister pendant au moins une demi seconde, mais la ténacité labiale de mon interlocuteur finit par l’emporter.
Une fois que ce jeune éphèbe m’eût généreusement fouillé la cavité buccale, je me tournai vers MAF et lui demandai le plus sincèrement du monde : « vous l’avez payé c’est ça hein ? c’est mon cadeau d’anniversaire ? ». MAF le sourire pervers mais amical aux lèvres me répondit presque sobrement (parce que bon c’est vrai qu’elle aussi a une bonne descente) « mais non mon petit, il vient te voir parce qu’il t’aime bien ». Le jeune et joli garçon qui avait suivi notre tentative de conversation avec des yeux tout rond, demanda : « mais il déconne ton copain, il rigole ? » et MAF tristement mais lucidement de lui répondre « non, non il est vraiment sérieux… ».
Rassuré sur la profession de mon potentiel amant (quelque chose à voir avec les grandes surfaces je crois, en tout cas c’était pas une pute), je me décidai à passer la nuit avec lui. Oui mais voilà, une fois arrivé sur les lieux de cette exquise promesse de débauche, je me sentis mal à l’aise, mettant cela sur le compte de l’alcool, je m’endormis aussitôt, non sans un ersatz de bonne nuit adressé à mon hôte…
Le lendemain matin, ce ne furent pas des rayons de soleil qui me chatouillèrent amicalement la peau, mais bel et bien les doigts de mon non-consommé amant qui me fouillèrent, avec un manque de tact évident, le cul. N’étant pas du matin et n’appréciant pas particulièrement les caresses anales, je me tournai vers mon introlocuteur en vue de protester véhément. C’était sans compter sur la vigueur libidinale du joli garçon, qui en un tour de rein me retourna, Bretagne oblige, comme une crêpe.
Et là, c’est le drame… Malgré mon envie incontestable de m’envoyer en l’air, je ne pus me résoudre à forcer son cul, et laissai lamentablement choir son phallus que je commençai pourtant à dompter… Il fallait me rendre à l’évidence : j’aimais un autre. Qui sait, peut-être était-ce moi ?
Beaucoup de choses ont changé en un an.

Saturday, February 24, 2007

Coup de foutre

J'entends déjà les contestations puritaines et hypocrites quant au titre de cet article... et je dois vous avouer que cela me laisse complaisamment condescendant... Néanmoins je tiendrai compte de ces récriminations anticipées, ce qui ne m'empêchera pourtant pas de vous envoyer vous faire voir. Bref, cette question d'éthique amorale désormais réglée, passons au récit de la vie privée d'un garçon public passablement séduisant, au regard langoureux, aux lèvres pulpeuses, autrement dit MoI ("o" minuscule en cas de dépression soudaine), car n'ayons pas peur de cette surchage qualificative : Je suis sublime.
Mais fermons la parenthèse de cet onanisme semi-mondain, et venons en au sujet qui nous interesse : encore et toujours MOI ( "O" majuscule : je me sens irrésistiblement optimiste aujourd'hui).
J'étais alors jeune, beau et innocent. Bercé d'illusions, j'arpentais ardemment les lieux de débauche dans le but désepéré de rencontrer l'âme soeur (ou frère, allez savoir avec les pédés...). Quand soudain, je me retourne, il se recule (et comment veux-tu, comment veux-tu...). Il me regarde, je lui souris. Il me rend la pareille, je m'empare du sien et me retrouve en moins de deux à genoux. S'en suivent les inévitables caresses buccales et autres plaisirs manuels lorsque, sans crier gare mais plutôt quelque onomatopé comme "aaaaarrrgh", un léger filet de bave aux coins de ses lèvres, l'amour de ma vie me déclare sa flamme en une longue tirade. La bouche pâteuse mais la mine satisfaite, je me relève et m'aprête à lui susurrer un "je t'aime" mièvre mais tristement sincère au creux de son oreille, mais allez savoir pourquoi aucun son ne parvint jusqu'à mes lèvres. L'autre s'impatienta et s'en alla donner son amour à quelques candidats plus loquaces. Ma déception fut certes grande, mais depuis j'ai appris à ravaler ma fierté avant de dire "je t'aime"...



Tuesday, December 26, 2006

5 millions de français et moi et moi et moi...

J'ai un problème, je crois bien que je t'aime...
La période de l'avent fut riche en émotion : fête des lampions oblige, je devais nécessairement me sociabiliser pour survivre au milieu de cette foule avide de... de je ne sais trop quoi. Il faut vous avouer que cet événement est pour moi un non-événement : Selon la légende, ou la croyance populaire, voire peut-être la superstition ecclésiastique... peu importe, La vierge, la seule femme au monde à s'être brisé l'hymen en enfantant, sauva les 2/3 de la population lyonnaise d'une épidémie de peste ou autre choléra. Quoiqu'il en soit, chaque 8 décembre depuis plus d'un siècle, les lyonnais allument des lampions sur le bord de leurs fenêtres, et c'est joli... oui mais voilà la municipalité (socialiste est-il besoin de préciser) cherchant un moyen de renflouer les caisses préalablement vidées par leur soin au profit de réceptions fastueuses mais populistes, la municipalité donc a réduit cette vague mystification religieuse à une célébration civique et touristique... On peut s'en contre foutre me direz-vous le sourire mesquin aux lèvres pincées. Soit, j'en reviens donc à ma sociabilisation ponctuelle et nécessaire qui passe bien évidemment par l'alcool. Je me préparais donc à sortir de chez moi, M6 en support audio-visuel, quand vint la publicité...
"-Non, moi je bois pas c'est robert qui picole pas mal.
-Moi? un verre de temps en temps, pas plus, non celui qui boit beaucoup c'est Yves
-Oui bon, en soirée, après le boulot, un petit verre ça peut pas me tuer"
et ainsi de suite jusqu'à ce qu'une voix sortie d'outre tombe conclue par ces mots
"5 millions de français ont un problème avec l'alcool. Et vous?"
La mine déconfite, voire peut-être dépitée, je lorgnai alors du côté de ma main droite, du côté de mon verre de martini vidé peu de temps avant... "Moi j'ai pas de problème avec l'alcool, non c'est MAF qui a une bonne descente..."pensai-je malgré moi... Les salauds, après nous avoir interdits de fumer, de sortir le soir, ils s'attaquaient à un monument de la culture française : l'alcool. Comment devenir sociable sans alcool? J'étais désemparé. Très vite je repris mes esprits : les enfoirés qui s'étaient glissés dans la peau d' "alcooliques" au profit de cette propagande mensongère étaient interrogés dans des bars, discothèques, restaurants... Or que fait-on dans ce genre de lieux de débauche? On boit, on fume, ou bien l'on fume puis l'on boit. C'est fascinant de voir à quel point, les bureaucrates du ministère de la santé qui d'habitude nous pondent des discours merdiques ( quand on y prête attention) , soporfifiques (quand on est fatigué) et hillarants (quand on a bu), maîtrisent aussi bien l'outil audiovisuel qu'un enfant de 10 ans, avec candeur et naïveté. Le fond est déjà pitoyable mais la forme complètement navrante, personne ne peut écouter sérieusement ces conneries : malheureusement si, le public visé était bien cette nouvelle génération d'adolescents qui ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, et pense que les rues sont peu sûres passé 22h... Je m'imagine organiser un repas, accueillir mes invités en leur proposant avec le sourire le plus sincère : "coca ou jus d'orange?". Tant pis je dois me résoudre : alcoolique ou sociopathe? Je choisis le camp de la majorité : il est rassurant de penser que 5 millions de français sont comme moi, et ma foi (vous n'êtes pas lecteurs par hasard) comme vous...


Sunday, November 05, 2006

A livre ouvert

C'est drôle cette impression que l'on a parfois d'être démuni, comme si n'importe quel quidam pouvait lire en vous, finalement un peu comme si vous étiez le dernier roman de Marc Lévy, de la psychologie de bas étage, soit, mais qui fait mouche.
Guillaume m'a quitté parce qu'il ne m'aime plus, pense-t-il, parce qu'il ne m'a jamais vraiment aimé, préciserai-je.
Je m'explique : Je suis Vacuité, mais sais faire illusion. Malgré mon manque de confiance en moi flagrant, je parviens à faire croire (et ce notamment à Guillaume) que je suis quelqu'un de solide, de spirituel, d'insouciant et parfois même de désinvolte : une oeuvre d'art vous dis-je. Oui, mais éphémère.
Bref, je commence ma journée à 8h00 : je me les gèle, lendemain de cuite : le temps de grogner deux trois phrases de remerciements à MAF et hop je file à la gare. Manque de bol, j'ai 1/2 heure d'avance : direction le café de la gare : son café-laxatif, et ses alcooliques matinaux.
Et là, l'attente. En quelques minutes, les quatre derniers mois qui défilent. Finalement le train arrive : je m'élance, je cours, je vole et me ramasse sur la dernière marche.
- Ca va monsieur?
- Je vais très bien et je ne bois pas tant que ça!
Les quelques regards compatissants se transforment en un vague sentiment de haine collective, mais bon on n'a pas le temps, alors on laisse couler.
Je profite de l'indifférence générale pour sortir mon billet, et bien évidemment je suis en surréservation. Ca y est j'ai confirmation : je vais passer une journée de merde.
Je me retrouve donc le cul entre deux rames.
- Ca ne vous dérange pas que je pose mon sac là mademoiselle? demandai-je en le posant de toute façon.
- Non.
Question oratoire = réponse tout aussi vide de sens : elle au moins elle va pas me faire chier.
Bien au contraire, c'est moi qui emmerdais les dix autres abrutis, les assommant deux heures durant à coup de sanglots, reniflements et autres accessoires de la panoplie du pédé qui s'est fait largué deux jours plus tôt sur internet par un non moins pathétique pd qui ne l'aimait plus depuis un mois environ (week-ends et jours fériés inclus).
Néanmoins, Dieu ou la providence eut pitié d'eux et m'écrasa par trois fois les pieds par l'intermédiaire d'une valise non étiquetée... superstitieux de nature, je ravalai mon chagrin latent.
Le trajet Montparnasse-Gare de Lyon ( guillaume tu te souviens? tous les soirs à m'attendre sur le quai, fallait- il que tu sois amoreux... ou cruellement désoeuvré j'en conviens...), les habituels parisiens et les stupides touristes qui persistent à penser que Paris c'est la ville de le mour.
(ndt: le mour=l'amour, prononcé avec l'accent de Julia Roberts, mais allez savoir pourquoi votre interlocutrice sera invariablement une vieille peau, grasse ou édentée, selon la provenance de la viande.)
Enfin me voilà gare de Lyon.
- Un café SVP, allongé.
- Monsieur je me permets de vous rappeler qu'il est interdit de fumer dans l'enceinte de la gare.
Dilemme. Devais-je cracher ma haine accumulée ces derniers temps au visage de ce citoyen zélé, ou alors faire preuve de bonne volonté et respecter la loi en vigueur?
Le froid mordant me décida : ce salaud paiera pour tous les autres, mais d'abord, pas bête, je récupère mon café.
- Auriez-vous l'obligeance de m'expliquer, jeune homme, de quelle enceinte vous parlez? Une enceinte n'est-elle pas étymologiquement close? Moi je dis ça comme çà, mais si la gare avait été fermée, vous pensez vraiment que je serai là, planté devant vous, à me geler le cul pour boire un café dégueulasse et hors de prix? Alors bonhomme, t'es bien gentil, mais ton civisme à 2 francs 6 sous tu le laisses au vestiaire avec ta virilité, que visiblement tu as oublié d'emporter ce matin. Et garde la monnaie! ( je venais de lui donner la somme exacte, mais après tout le lyrisme n'a pas de prix.)
Cependant je sortais de la gare pour fumer paisiblement : par acquis de conscience? absolument pas, tout simplement parce qu'un bonhomme de la sécurité s'approchait dangereusement de moi, et on a beau être en colère, il faut tout de même savoir choisir ses victimes.
Une fois dehors, le vent me brisa le peu de couilles qu'il me restait, par dépit je décide de me ganter, et comme de bien entendu renverse la 1/2 de mon ignoble café sur ma jolie veste 3/4. Au bord des larmes ( car brûlé au 3ème degré par le susnommé café) , je plante mon regard gris/métal dans le ciel gris/pollué, et m'aprête à pleurer tranquillement et surtout très esthétiquement. C'était sans compter le zèle de je ne sais quel enfoiré, qui avait, à l'évidence, décidé qu'aujourd'hui j'allais en chier.
Donc, je reprends: Quand soudain, un arabe dans la quarantaine trébuchait, péniblement mais sûrement, vers moi. Pas raciste pour un sou, je l'accueille avec un sourire légèrement forcé. Et là, le bonhomme me la coupe:
- T'es super mignon, arrivai-je à décoder entre la brume, mes yeux embués et les vapeurs d'alcool.
- Ah... Merci, c'est gentil. répondis-je alors, le sourire de plus en plus crispé
- Très beau
- Merci. Ah... c'est gentil.
Et je ne sais pas pourquoi, sur l'instant, je me plus à penser que cet homme était mon ange gardien, venu à mon secours en une si rude journée, comme s'il cherchait à me faire comprendre: Mais si, tu es très beau, t'inquiète pas. Et arrête de picoler, sinon regarde ce qui t'attend.
Etrangement, j'étais prêt à le croire et pourquoi pas à rester sobre ( au moins pedant un jour entier!), jusqu'à ce que l'autre ajoute :
- Ta princesse t'a quitté?
Par réflexe, je secoue négativement la tête, puis brusquement, l'image de Guillaume en robe de bal rose s'impose à moi. J'explose de rire:
- Oui, c'est ça! C'est exactement ça!
- T'en auras dix nouvelles, c'est sûr, t'es magnifique. T'es mannequin baragouina-t-il
Et là tout s'arrête. Ce bonhomme n'est pas mon ange gardien, c'est MAF qui me l'envoie pour se foutre gentiment de ma gueule.
- Non répondis-je sur un ton glacial mais peu convaincant.
-Si t'es mannequin, attends je prends la photo...
T'as pas un peu de monnaie?
Deuxième crise de fou rire. Ah prétentieux que j'étais : je me retrouvais tel que j'étais vraiment : naïf et peu sûr de moi-même , mais vraiment heureux.
Je lui donnai naturellement mes fonds de poches, et attendis, souriant franchement, qu'il s'en allât, ce qu'il fît. Mais à peine étais-je reparti dans mes considérations maussades, que l'autre se retourne vers moi et me dit, sans tremblement aucun dans la voix : tu es très beau.
Cette fois, je ne répondis pas, mes pas me ramenèrent dans la gare, où je m'asseois, je sors une feuille, un stylo, puis encore une autre feuille. Parfois, bien sûr, je raye et recommence, mais j'écris longuement et passionnément: un peu de cynisme par ci, quelques miettes de pathos par là, encore un peu de rancoeur (désolé Guillaume, mais honnêtement ça me soulage, ce qui ne m'empêche pas de t'aimer :-) ), pour la première fois j'écris librement, en ce sens que la haine, l'amertume et la déception, ne s'imposent pas à moi comme une évidence, mais bien au contraire : J'ai choisi ces mots, ces émotions. Je suis libre, enfin, d'être celui que je voulais être. Je suis enfin ce quidam qui lit en moi-même comme à livre ouvert. Tu es parti trop tôt Guillaume, et même si tu me manques, putain ça fait du bien de pouvoir dire je t'emmerde avec le sourire, sans animosité aucune.
Qui suis-je? Anthony Guillaume-Crane, écrivain/mannequin: oui mais parce que je le veux bien...

Saturday, November 04, 2006

A quoi ça sert l'amour?

Voilà la sempiternelle question que nous nous posons tous ou presque.
Loin des idées communes, voire courantes: l'amour ça fait souffrir...
Et pourtant, les quelques mots prononcés par le quitteur blessent. Je ne t'aime plus. Qu'est-ce que cela veut dire exactement? Il y a un mois je t'aimais et maintenant je ne t'aime plus, c'est simple, non? Oui, mais on a fait l'amour il y a moins d'un mois, et tu m'as annoncé il y a quelques jours que tu venais me voir la semaine prochaine, et soyons net et précis : je suis à peu près sûr que tu m'as dit je t'aime il n'y a pas si longtemps...
Tu sais ça vient pas tout seul comme ça, il faut du temps...
Est-ce que tu oserais par hasard comparer notre relation au traffic sncf? Période de pointe, je ne t'aime pas, période bleue, on peut envisager de voyager ensemble... mais pas en première...
En même temps, le pauvre petit ne me doit rien. Je n'ai pas le droit de juger l'évolution ou la régression de ses sentiments. Le mieux, somme toute, est de ne pas se demander ni pourquoi ni comment. Le tout est de se tourner vers l'avenir, oui mais voilà l'horizon est bien noir. Tourmenté, je n'arrive pas à dormir, je me dis pourquoi me suis-je pleinement investi dans cette relation destructrice? Mais, tu connais la réponse anthony : parce que tu l'aimes. Personne ne te demande de l'oublier, ni même de regretter, ne pense pas aux erreurs, aux souffrances, mais au contraire garde précieusement ces souvenirs si chers, et tu peux remercier ce jeune homme de t'avoir aimé, c'est tellement rare un amour innocent. Dis toi qu'il est bien loin le temps où tu pataugeais dans les toilettes publiques, négociant tes pipes jusqu'à 5 euros, le temps lamentable de l'Isère, où allongé à même le sol dans un garage poussiéreux, tu perdais ta virginité. Tout s'explique et tout se met en place, tu as le droit au bonheur, mais tu peux pleurer tu sais. Il n'y a aucune honte à être effondré de temps à autre.
Oui mais je l'aime
C'est la première fois?
Un peu
C'est beau
Ca fait mal
Tu seras heureux, je te le promets.